Drakensang

Vous aimez passer de longues heures à explorer le monde en compagnie d’un nain ronchon, d’une belle amazone et d’une charmante voleuse. Vous avez la larme à l’oeil lorsque vos amis évoquent les noms de Baldur’s Gate ou d’Icewind Dale. Vous pensez que la terre est plate et que tout se joue sur un lancement de dé à 20 faces, alors Drakensang est pour vous.
Pour commencer, je dirais que la premiere qualité de Drakensang est d’être un produit bien fini et très équilibré, ce qui de nos jours où le bling bling l’emporte souvent dans les jeux, fait plaisir. Oui, ce jeu n’est pas révolutionnaire, oui ce jeu n’a pas les graphismes de la mort qui tue, oui mais…ce jeu est beau et jouable. Drakensang ne pretend pas être le jeu qui révolutionnera l’industrie, ni même être le remplaçant de Baldur’s Gate dans le coeur des afficionados du CRPG. En revanche, les développeurs de ce jeu ont fait les choses de façon qu’après de longues heures de jeu, nous y prenions encore du plaisir, du plaisir à découvrir des nouvelles quetes, à rajouter une pierre d’achoppement à cet univers en discutant avec ses habitants, à faire évoluer constamment les héros de l’histoire. J’y prend plaisir à faire progresser mon équipe sans prise de tête ni galère, sans me demander si je survivrais au prochain combat parce que je ne clique pas assez vite sur les gugusses d’en face. C’est donc un jeu où je me promène, je me bats, je façonne, fabrique, collecte, ramasse, charme, entourloupe, forge, distille, cueille, j’aide ou je n’aide pas la demoiselle (ou grenouille) en détresse, je démine, je crochête, et je fais des quêtes sympatiques, non répétitives, secondaires ou primaires en me faisant plaisir.
Bon maintenant les détails :
Le jeu est un hardcore rpg, un jeu à la NWN ou à la Baldur’s gate et non pas à la Diablo par exemple. Un jeu dans lequel on construit réellement un personnage basé sur des caractéristiques qui influenceront ses combats mais aussi ses options de dialogue.
Les règles sont celles de ‘l’oeil noir’, un RPG papier et ce sont les créateurs même de ce RPG papier qui ont développé cette version informatique avec pour défis de respecter les règles du jeu, et ils y ont réussi, sans pour autant rendre le jeu complexe. Les combats sont un enchainement d’attaques et de parades automatiques dont les résultats dépendront d’un grand nombre de facteurs et d’un lancement de dés. Le combat peut se faire sans pause et on peut alors enchainer nos actions (du genre lanceur de sort lance boule de feu puis soin puis fuit, nain assome tappe et fait tournoyer sa hache et amazone tappe d’estoc puis de taille etc), d’un simple clic sur la barre d’actions rapides…ou on peut aussi d’une simple touche de la barre espace mettre le jeu en pause et programmer son combat.Il est aussi possible dans les options de jeu de demander à se mettre en pause automatique au début de tous les combats ou même de lui demander de se mettre en pause au début de chaque round, car les combats sont des successions de rounds. Les combats sont relativement fluides et équilibrés même si de temps en temps la fuite est votre seule solution face à certains petits boss (je pense par exemple à Madame Ratikus la rate logeant dans la brasserie naine…mais je m’égare car même contre madame Ratikus la fuite n’est plus une option). Il arrive parfois que l’on se retrouve face à un boss qui dans un premier temps semble impossible à abattre, puis finalement après quelques essais , on réalise quil y a réellement un coté stratégique dans les combats. Que suivant l’adversaire certaines attaques ne seront pas gagnée. Mais pourtant ce coté ‘stratégique’ n’étouffe pas le jeu, il est instinctif et plaisant.
La progression de vos héros se fait à coups de ‘points d’aventure’ qu’ils gagnent en combattant et en accomplissant des quêtes. Le passage de niveau s’accompagne d’un nombre de points supplémentaires et ensuite votre héros pourra dépenser ces points d’aventure durement gagnés en les répartissant entre différents talents qu’il aura appris auprès de maitres ou qu’il aura innés (c’est à dire des talents liés à sa profession et sa race). Le passage de niveau de votre heros est lié aux classiques points d’expériences. Au départ, cela déconcerte un petit peu mais finalement c’est un peu comme faire ses courses avec un porte monnaie et non pas une carte de credit, on dispose d’une somme fixe pour faire nos achats et investir dans des talents et des améliorations .
Le nombre de talents possibles est très grand et relativement varié. On a les classiques talents d’armes (type d’armes relativement large du sabre au épée aux fleurets, une main, deux mains, batons, lances, armes de jet et de tir etc……) de magie (il en existe plusieurs sortes), d’artisanat (forge, archerie, alchimie), des talents plus difficiles à classer allant depuis les comportements sociaux (étiquette, rue, baratinage, embobinage etc…), des talents utiles (crochetage, pieges, pickpocket, poisons…) la zoologie (qui permet de récuperer des éléments utiles à l’artisanat sur les carcasses des animaux), botanique (qui permet de récolter des plantes pour l’alchimie) etc…bref toute une pléiade de talents qui au début peuvent donner une impression de pléthore mais qui finalement s’équilibrent facilement entre les différents personnages et permettent de profiter pleinement de toutes les options de jeu.

Au niveau graphisme, le jeu est beau mais ne cherche pas non plus à en mettre plein la vue. Le monde est très vivant et les villages semblent réels. Lors de l’installation, vous aurez l’option d’installer le pack ‘textures hautes’ et si votre ordinateur vous le permet alors n’hésitez pas, car çà rend le jeu tout mignonnet
. Il n’y a pas de cycle jour nuit mais des zones plus sombres (les marais par exemple) et d’autres plus lumineuses (la pleine campagne). Je reprocherais justement à ces zones sombres d’être trop sombre, surtout que le jeu use du HDR et du blooming rendant les contrastes très …contrastés. Je ne sais pas si le jeu est gourmant en ram et en video, mais je dirais qu’ils ont l’air d’avoir optimisé ce jeu pour des ordinateurs actuels et non pas ceux du futur.
Concernant les sons et la musique, ils entretiennent une ambiance sonore qui finalement ne restera pas dans les annales mais joue son rôle d’ambiance, y compris la musique. Il y a dans l’ecran de chargement du jeu un très joli morceau de guitare sèche par exemple mais sinon on ne fait pas trop attention à la musique pendant le jeu. Les sons restent le point faible de ce jeu. Ils ne sont pas désagréables, ils sont juste peu présents et en tous les cas peu mémorables. Les voix francaises ne sont pas tip top, mais bon ayant survécu au désastre auditif qu’était le jeu ‘two worlds’ je dirais qu’il fait mieux, bien mieux mais en revanche en le comparant à des jeux comme Bioshock ou Mass effect c’est dans ces cas là..très en dessous. Mais la somme de dialogues parlés étant minimale çà passe sans problème.
Ce jeu commence par la traditionnelle création de personnage, avec plusieurs races de disponibles avec leurs avantages et leurs désavantages, plusieurs professions (une 15aine je crois) liées à la race de départ. Il n’y a pas de customisation de l’apparence, juste un choix de têtes des deux sexes, mais ce n’est pas grave , car finalement vous verrez très peu votre tête en gros plan au cours du jeu. Vous avez à votre disposition un grand nombre de qualités définissant votre personnage dans lesquelles vous aurez à distribuer vos points: constitution, vitalité, courage, force, intelligence, dexterité, adresse etc… Puis vous avez des talents innées (donc déjà acquis) associé à votre race et votre profession. Ainsi un nain est dejà possesseur du talent ‘nez de nain’ qui lui permet de repérer la moindre fissure dans un mur, la moindre cache ou piece secrete dans un dongeon. Au départ vous aurez l’option de choisir un personnage déjà prédéfini ou bien alors de créer votre personnage en partant de zéro.
Ensuite, une fois votre personnage créé, on vous lache dans un petit village où vous venez de recevoir une lettre d’un ami qui vous demande de le rejoindre en ville avec quelques instructions pour y accéder. Cette première partie du jeu dans ce village vous permettra très rapidement de comprendre les bases du jeu avec un tuto qui, en realité, fonctionne avec des fenêtres d’informations poppant à chaque fois que quelques chose de nouveau apparait ou est fait. Ca rend finalement cette premièire partie fluide, sans impression d’être dans un tuto. Dès ce premier chapitre/tuto, votre personnage sera rejoint par differents compagnons, formant un groupe d’aventurier pouvant contenir jusqu’à 4 personnages dont vous avez entièrement le controle. Vos compagnons évolueront avec vous et vous serez celui qui distribuera leurs points d’aventure. Vous aurez un joli choix de compagnons de route, depuis l’amazone guerrière à la voleuse gouailleuse au nain ronchon et le magicien …compléxé, ce qui vous permettra d’avoir un groupe équilibré quelque soit votre profession de départ.
Vous êtes limité finalement dans vos déplacements par le terrain, contrairement à NMN mais je n’ai pas eu l’impression de me promener en permanence sur une route tracée. Même si il est vrai que ce n’est pas ouvert comme un jeu tel que Gothic ou Oblivion et reste très proche d’un Baldur Gate cela ne m’a pas géné du tout. En revanche comme dans NWN, une fois un chapître fini, vous ne pourrez plus revenir dans les sous zones de ce chapitre, mais il est vrai que celà ne gène pas car il y a des zones centrales dans lesquelles vous pourrez revenir. Chaque chapitre et carte vous donne accès à une jolie zone où vous accomplirez vos taches en surface et en sous sol (comme les sous sols de la brasserie naine
.
Les quêtes : et bien elles sont bien faites je trouve, elles sont équilibrées, pas ennuyeuses et surtout pas répétitives. Elles sont associées à une petite ou plus grande histoire et je prend sincerement plaisir à les faire me demandant toujours ce qui va en découler. Elles sont nombreuses (je crois qu’il y en a en tout plus de 120) et la quête principale s’intègre parfaitement bien dans cet univers. Finalement, il n’y a pas de gros déséquilibres entre la principale et les secondaires, ce qui est très appréciable.
L’interface et les déplacements sont très intuitifs et fonctionnels , la caméra est controlée de façon très simple via la souris et on peut donc se déplacer facilement avec les traditionnels ZQD touches .
L’univers dans lequel nous évoluons est un très traditionnel médiéval fantastique avec ses nains, ses elfes ses orques etc donc de ce coté rien de surprenant. Les monstres sont très classiques et pour l’instant ne surprennent pas vraiment. Rats dans les caves araignées dans les grottes orcs dans les ruines, mais comme je le disais en introduction ce jeu est un jeu très classique, qui ne cherche pas à réinventer la roue.
La quête principale est aussi classique : en gros vous recevez la lettre d’un vieil ami qui vous invite en ville et là PAF.. vous devez sauver le monde (à quelques détails près). Enfin pas vraiment PAF, car c’est finalement très progressif donc pas PAF mais ffffffffffffffiiiiiiiiiieeeeeeeeew, doucement, l’histoire progressera grace à votre propre progression et non pas par le surgissement inopiné d’une cinématique qui vous fera faire un bond prodigieux dans l’histoire. Ce jeu est tout en douceur et sans esbrouffe mais il est aussi sans surprises.
Bref j’ai déjà beaucoup blablaté , mais si je devais résumer ce jeu, je dirais : un jeu stable, sans bug, très classique dans sa conception mais qui l’assume à fond, qui ne prétend pas être ce qu’il n’est pas, un jeu où l’on progresse de façon douce et sans accoups, où l’on a envie d’avancer afin de faire évoluer nos personnages, où plus je joue plus je l’apprécie, je ne m’en suis pas encore lassée car les quêtes secondaires restent attractives. J’aime m’y promener, un jeu avec une courbe d’apprentissage très progressive, un jeu RPG finalement où les quetes secondaires sont aussi intéressantes que la principale, un jeu classique mais à qui on n’en voudra pas
car il sagit dun produit bien fini.
Voilà et par la barbe de Forgrimm! un jeu où on se bat contre une mule morte-vivante ne peut pas être un mauvais jeu :-p
Posté par Ninheve le Dimanche 19 avril 2009 • Classé dans Coup de Coeur,Play Girl
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Excellent article Ninheve ! Merci de nous l’avoir fait partager !
mici